Vous savez, ce sentiment qu’on a lorsqu’on fait un travail et qu’on se sent vraiment à notre place? Ce sentiment qu’on ne travaille pas vraiment, parce que notre métier nous fait sentir vivant, nous anime et nous passionne… Eh bien, pas moi. C’est un sentiment que je ne connais pas vraiment.

Je me demande s’il y a vraiment un moment dans la vie où on arrête de douter de tous nos choix et où on se permet d’être juste bien, et heureux là où on est.

 J’ai adoré mes 3 années de techniques en architecture, et j’étais certaine d’avoir trouvé ma place. Mais en travaillant dans un bureau ensuite, je me suis rendue compte que c’était loin d’être aussi excitant, la vraie vie. Rétrospectivement, je me dis que c’était peut-être seulement le sentiment d’exceller et de réussir mieux qu’à peu près tout le monde qui m’animait vraiment, malgré que j’adore quand même tout ce qui touche au milieu de la construction. J’ai frappé un mur en arrivant à l’université : en plus de faire face à une discipline qui était beaucoup plus artistique et moins concrète, je n’étais plus la meilleure. Et moins j’avais les résultats que j’étais tant habituée à avoir sans efforts, moins j’avais envie de me forcer pour les obtenir. J’ai le sentiment de trébucher de semaines en semaines, de sessions en session jusqu’à l’obtention du diplôme. Je suis là, mais pas vraiment… Je ne vais pas à la moitié de mes cours, et je les passe quand même. J’ai toujours un peu l’impression de n’avoir rien à faire là, parce que ma soif d’apprendre n’est pas comblée par la formation que je reçois. Et tout cela, ça me fait me remettre en question, évidemment!

Un jour, je veux être architecte, ensuite artiste 3D, puis je me vois retourner à un emploi de technicienne en architecture, pour finalement passer par l’envie de devenir avocate, policière, vétérinaire, ingénieur, charpentière-menuisière et parfois même médecin! Et on nous demande de choisir à 17 ans? Du haut de mes 22 ans j’en suis au même point qu’à cet âge : complètement perdue! La seule différence c’est que je suis une ‘’complètement-perdue-un-peu-moins-perdue-parce-que-mes-choix-sont-presques-tous-dans-les-mêmes-domaines’’, m’en fait… Ça ne m’aide pas vraiment puisqu’apparemment, il faut n’en choisir qu’un seul. Du coup, c’est la poisse! Alors dans tout ce bazar, comment est-on sensé se démêler? Et si au final, la vraie réponse, c’était toutes ses réponses? Pourquoi se limiter à devenir seulement une chose, quand autant de choix s’offre à nous? Je crois qu’il est temps d’accepter qu’on puisse être confus, mêlé, qu’on accepte d’essayer plusieurs choses, par essai-erreur, sans qu’on doivent constamment se pousser à trouver notre voie du premier coup. Parce que la vie est semée d’embûches, de montagnes, de valons… Et qu’il ne faut surtout pas oublier que le chemin pour se rendre à destination est en lui-même une destination, et qu’il mérite qu’on s’y attarde et qu’on se permette de rêver, de s’égarer… Pour ensuite mieux se retrouver.