ATTENTION : Plusieurs passages ne sont pas de ma main, le début de l'écriture constitue essenciellement une transcription presque entièrement fidèle au conte originel de la petite sirène. Je ne les ai mis que dans le but de vous mettre dans le contexte de l'histoire d'Arielle la petite sirène.

 

Merci :)

 

Il était une fois une petite sirène prénommée Arielle. Elle vivant bien loin dans l’océan, à un endroit où l’eau est pure comme le verre le plus transparent, mais si profonde qu’aucun ancre ne peut s’y rendre. Sur un fond de sable blanc, des plantes et des arbres bizarres y croissent, si souple que le moindre mouvement de l’eau les fait danser comme s’ils étaient vivants.

À l’endroit le plus profond se trouve le château du Roi de l’océan, le père d’Arielle. Le roi était veuf et sa vieille mère dirigeait sa maison. Elle s’occupait de ses six petites-filles comme s’il s’agissait de ses propres enfants. Les six enfants étaient toutes des princesses charmantes, mais Arielle, la sœur cadette, était la plus belle de toutes. La petite sirène avait la peau douce et diaphane comme une feuille de rose, les yeux bleus scintillants comme un lac profond. Ses beaux et longs cheveux d’un rouge écarlate flottaient dans les courants marins comme une danse, puis les écailles de sa queue de sirène brillaient comme milles lanternes dans les rayons du soleil. Arielle possédait également la plus douce et la plus merveilleuse voix du royaume.

Alors que ses sœurs jouaient avec différents objets provenant des navires naufragés, la petite sirène s’amusait à parer une jolie statuette de marbre blanc, représentant un charmant petit garçon. Son plus grand plaisir consistait à écouter des récits sur le monde où vivent les hommes. La petite sirène priait toujours sa grand-mère de lui parler des vaisseaux, des villes, des humains et des animaux.

Elle s’étonnait surtout que les fleurs puissent avoir un parfum et que les forêts y fussent vertes. Elle ne pouvait pas s’imaginer comment les poissons chantaient et sautillaient sur les arbres. La grand-mère appelait les petits oiseaux des poissons ; sans quoi elle ne se serait pas fait comprendre. « Lorsque vous aurez quinze ans, dit la grand-mère, je vous donnerai la permission de monter à la surface de la mer et de vous asseoir au clair de la lune sur des rochers, pour voir passer les grands vaisseaux et faire connaissance avec les forêts et les villes. »

L’année suivante, sa sœur ainée eut ses quinze ans, et pus enfin allé visiter le royaume d’en-haut. Elle promit de tout raconter ce qu’elle aurait vu à ses sœurs à son retour au Royaume. La petite sirène regarda sa sœur remonter à la surface, sa queue de sirène miroitant les reflets du clair de lune, et elle ne put s’empêcher d’être jalouse. Elle devait encore attendre 5 ans avant de faire la remontée vers la surface.

D’année en année, ses sœurs lui racontaient toutes les expériences merveilleuses qu’elles vécurent à la surface. La plus téméraire d’entre toutes s’était tellement approchée des habitants du village qu’elle s’était fait voir, puis avait pris peur lorsqu’une bête lui avait crié après. Elle apprit plus tard que la bête en question n’était nul autre qu’un chien. Ses sœurs ne tarissaient d’éloges concernant les rivages de la grande ville où les lumières brillent comme des centaines d’étoiles, où les hommes, femmes et enfants s’y promènent librement en marchant de leurs deux jambes qui remplaçaient leurs queues de sirène. Elles s’extasiaient devant l’immensité et l’incroyable beauté du ciel, surtout au crépuscule lorsque le soleil devient comme de l’or, et que les nuages se peignent d’une douce teinte rose et violet. Arielle ne put que rêver de toutes ces merveilleuses découvertes que lui décrivirent ses sœurs. Elle mourrait d’envie de connaître le monde des hommes, il lui semblait tellement plus beau que le sien.

Le jour vint où la petite sirène eut quinze ans. « Tu vas partir, lui dit sa grand-mère : viens que je fasse ta toilette comme à tes sœurs. »Et elle posa sur ses cheveux une couronne de lis blancs dont chaque feuille était la moitié d’une perle ; puis elle fit attacher à la queue de la princesse huit grandes huîtres pour désigner son rang élevé.

« Comme elles me font mal ! dit la petite sirène.

– Si l’on veut être bien habillée, il faut souffrir un peu », répliqua la vieille reine.

Cependant la petite sirène aurait volontiers rejeté tout ce luxe et la lourde couronne qui pesait sur sa tête. Les fleurs rouges de son jardin lui allaient beaucoup mieux ; mais elle n’osa pas faire d’observations.

« Adieu ! » dit-elle ; et, légère comme une bulle de savon, elle traversa l’eau.

Lorsque sa tête apparut à la surface de la mer, le soleil venait de se coucher ; mais les nuages brillaient encore comme des roses et de l’or, et l’étoile du soir étincelait au milieu du ciel. L’air était doux et frais, la mer paisible. Près de la petite sirène se trouvait un navire à trois mâts ; il n’avait qu’une voile dehors, à cause du calme, et les matelots étaient assis sur les vergues et sur les cordages. La musique et les chants y résonnaient sans cesse, et à l’approche de la nuit on alluma cent lanternes de diverses couleurs suspendues aux cordages : on aurait cru voir les pavillons de toutes les nations. La petite sirène nagea jusqu’à la fenêtre de la grande chambre, et, chaque fois que l’eau la soulevait, elle apercevait à travers les vitres transparentes une quantité d’hommes magnifiquement habillés. Le plus beau d’entre eux était un jeune prince aux grands cheveux noirs, âgé d’environ seize ans, et c’était pour célébrer sa fête que tous ces préparatifs avaient lieu.

Les matelots dansaient sur le pont, et lorsque le jeune prince s’y montra, cent fusées s’élevèrent dans les airs, répandant une lumière comme celle du jour. La petite sirène eut peur et s’enfonça dans l’eau ; mais bientôt elle reparut, et alors toutes les étoiles du ciel semblèrent pleuvoir sur elle. Jamais elle n’avait vu un pareil feu d’artifice ; de grands soleils tournaient, des poissons de feu fendaient l’air, et toute la mer, pure et calme, brillait. Sur le navire on pouvait voir chaque petit cordage, et encore mieux les occupants du navire! Arielle remarqua les traits du prince. Il avait l’air d’un homme fort, courageux. Ses traits, à la fois doux et sévère, lui donnait un air bienveillant. Il serrait la main à tout le monde, parlait et souriait à chacun tandis que la musique envoyait dans la nuit ses sons harmonieux.

Il était tard, mais la petite sirène ne put se lasser d’admirer le vaisseau et le beau prince. Les lanternes ne brillaient plus et les coups de canon avaient cessé ; toutes les voiles furent successivement déployées et le vaisseau s’avança rapidement sur l’eau. La princesse le suivit, sans détourner un instant ses regards de la fenêtre. Mais bientôt la mer commença à s’agiter ; les vagues grossissaient, et de grands nuages noirs s’amoncelaient dans le ciel. Dans le lointain brillaient les éclairs, un orage terrible se préparait. Le vaisseau se balançait sur la mer impétueuse, dans une marche rapide. Les vagues, se dressant comme de hautes montagnes, tantôt le faisaient rouler entre elles comme un cygne, tantôt l’élevaient sur leur cime.

La petite sirène se plut d’abord à ce voyage accidenté ; mais, lorsque le vaisseau, subissant de violentes secousses, commença à craquer, lorsque tout à coup le mât se brisa comme un jonc, et que le vaisseau se pencha d’un côté tandis que l’eau pénétrait dans la cale, alors elle comprit le danger, et elle dut prendre garde elle-même aux poutres et aux débris qui se détachaient du bateau. Par moments il se faisait une telle obscurité, qu’elle ne distinguait absolument rien ; d’autres fois, les éclairs lui rendaient visibles les moindres détails de cette scène. L’agitation était à son comble sur le navire ; encore une secousse ! Il se fendit tout à fait, et elle vit le jeune prince s’engloutir dans la mer profonde. Se rappelant que les hommes ne peuvent vivre dans l’eau, elle se précipita rapidement à son secours. Alors, pour le sauver, elle traversa à la nage les poutres et les planches éparses sur la mer, au risque de se faire écraser, plongea profondément sous l’eau à plusieurs reprises, et ainsi elle arriva jusqu’au jeune prince, au moment où ses forces commençaient à l’abandonner et où il fermait déjà les yeux, près de mourir. La petite sirène le saisit, soutint sa tête au-dessus de l’eau, puis s’abandonna avec lui au caprice des vagues.

Elle nagea loin de la tempête, se rendit sur une berge de sable blanc puis déposa sa tête sur un rocher comme pour lui faire un petit coussin. Le soleil commençait à se lever, les nuages se dispersaient après l’énorme tempête qui avait failli emporter le prince. Arielle put observer de plus près l’homme qu’elle avait devant ses yeux. Ses traits paraissaient plus doux alors qu’il était encore profondément dans les vapes. Il avait un visage serein, calme, illuminé par les premiers rayons de l’aube. Sa barbe naissante et sa mâchoire carrée lui donnait quelques années de plus que ce qu’Arielle avait estimé alors qu’il était sur le bateau. Elle observa de plus près ses jambes. Elle était fascinée par ces deux longs membres qui lui permettaient de se tenir debout sur le sol, de parcourir le monde. Elle se surprise à les envier, tout en regardant sa queue de sirène avec amertume. «Pourquoi n’aies-je pas de jambes?» fulmina-t-elle.

Alors qu’elle se retourna vers le visage du prince, elle fut surprise par son regard qui se plongeait dans ses yeux bleus marins. Ses yeux marron cherchaient désespérément à comprendre ce qu’il lui arrivait, où il était, puis qui était la belle jeune femme qui se trouvait devant lui. «Ma sauveuse», lui murmura-t-il dans un souffle. Arielle était figée sur place, elle ne savait pas comment réagir. Alors que ses yeux se refermèrent, elle en profita pour le laisser là sur la plage, puis nagea derrière un rocher. Elle put continuer de l’observer à distance, alors qu’elle n’était qu’à quelques mètres de lui. Elle le vit se relever doucement le torse pour s’asseoir, la chercher désespérément du regard. Il avait l’air sonné, mais ne semblait pas blessé. Puis Arielle vit à l’orée de la forêt une jeune femme s’avancer doucement vers la plage. Qu’est-ce qu’elle était belle!

La jeune femme avançait gracieusement vers la berge de l’océan, ses longs cheveux bruns aux délicats reflets dorés brillaient de mille feux, flottant au vent comme dans une danse sensuelle. Ses yeux d’émeraude scrutaient la berge, cherchant le moindre signe de vie. Elle avait un regard espiègle, curieux. Ses délicates lèvres couleur framboise arboraient un léger sourire, exposant des dents parfaitement blanches, droites et brillantes. Des taches de rousseur recouvrant ses joues et son nez finissaient de sublimer son visage de la plus exquise façon. Elle portait une petite robe d’un bleu aussi profond que la couleur des yeux de la princesse qui lui allait à ravir. Arielle ne put s’empêcher d’être frappée par sa beauté, sa grâce, son charme…

Lorsque la femme vit le prince couché près de la berge, elle se précipita en courant. Elle le secoua pour le réveiller, puis lui prodigua les premiers soins. Elle appela à l’aide, et d’autres villageois qui se promenaient à proximité vinrent presqu’aussitôt vers elle l’aider à prendre soin du prince. Alors qu’il fut emmené loin de la petite sirène dans une petite chaumière qui bordait le rivage au loin, la femme se retourna vers l’océan, scrutant les alentours. Arielle l’observa, toujours cachée derrière les rochers, puis elle croisa son regard. La fille pencha la tête sur le côté, plissa des yeux pour mieux la voir. Elle semblait intriguée. La petite sirène prit peur, puis plongea dans l’océan sans regarder derrière elle.

Les jours passèrent et se ressemblaient, la princesse ne pouvait s’empêcher de repenser à la jeune femme et au prince. Elle se demandait ce que le prince était devenu, mais surtout elle repensait au regard inquisiteur de la douce jeune femme, le dernier qu’elle avait vu avant de replonger vers les siens. Arielle était muette depuis son retour de la surface, ses sœurs avaient beau lui poser toutes les questions du monde, il n’était pas question pour elle de discuter de ce qu’elle avait aperçu à la surface. Toutefois, elle retournait fréquemment à l’endroit où elle avait laissé le prince, dans l’espoir que leurs routes recroisent la sienne encore une fois. Mais c’est toujours plus triste qu’elle repartait vers les fonds marins, ses espoirs de moins en moins tangibles de les revoir ne serait-ce qu’une dernière fois.

Enfin, cette existence lui devint insupportable; elle confia à ses sœurs la mésaventure du prince sur ce bateau le soir de son naufrage, puis son sauvetage. Toutefois, pour une raison qu’elle ignora elle-même, elle garda pour elle la rencontre fortuite avec la jolie jeune femme le matin du sauvetage du prince. L’une de ses sœurs ayant assisté elle aussi à la fête sur le vaisseau du prince, reconnaissait l’homme du récit d’Arielle et lui dit qu’elle savait l’endroit où était situé son royaume. «Viens, petite sœur!», dirent les autres princesses, puis elles partirent toutes ensemble vers le château du prince, en nageant gracieusement à l’aide de leur queue de sirène miroitantes.

Dès lors qu’elle sut où se trouvait le château du prince et son royaume, elle entreprit de revenir aussi souvent que possible, la nuit comme le jour. Elle s’approchait de la côte, et osait même s’asseoir sous le grand balcon de marbre qui projetait son ombre bien en avant sur les eaux de sorte qu’elle était à l’abri des regards. De là, elle voyait au clair de la lune le jeune prince observer au loin, le regard rêveur, perdu dans l’immensité de l’étendu d’eau qui défilait devant lui. Elle pouvait l’entendre lire des poèmes qu’il écrivait, et qui décrivait ses sentiments envers une mystérieuse jeune femme qui l’avait sauvé de la noyade le soir du naufrage de son bateau. Elle savait que ces poèmes lui étaient adressés, et elle les écoutait avec gratitude. Mais bien que le prince semblait être un homme gentil et plein de charme et qu’il désirait ardemment revoir Arielle d’après ses écrits, cette dernière était toujours troublée par le regard de la jeune femme qu’elle n’avait toujours pas revue. Elle la cherchait toujours, mais il lui semblait qu’elle ne serait jamais en mesure de la revoir, alors elle se contenta d’en rêver. De jour en jour, son affection pour les habitants du royaume du prince croissait et elle désirait toujours davantage délaisser sa queue de sirène pour avoir elle aussi des jambes. Elle avait le secret espoir qu’avec des jambes à la place de sa queue, il lui serait plus aisé de chercher la belle demoiselle qui avait fait battre son cœur.

Un soir, alors qu’un grand bal avait été organisé au château de son père, la petite sirène se faufila en douce à l’extérieur du château puis partis à la recherche de la sorcière qu’elle craignait tant. Elle croyait que la sorcière était son dernier espoir de revoir la douce jeune femme qu’elle avait aperçu le matin du naufrage du prince, qu’elle seule saurait comment lui venir en aide dans sa quête d’avoir des jambes à la place de sa queue de sirène. Arielle traversa les jardins, puis se dirigea vers les tourbillons mugissants derrière lesquels demeurait la sorcière. Elle ne s’était encore jamais aventurée dans cette partie de l’océan, elle savait qu’il s’y trouvait là d’énormes dangers. Pas une fleur ni un brin d’herbe n’y poussait. C’était un endroit sombre, lugubre, où des ombres étranges étaient visibles partout autour d’elle. Le sol était nu, de sable gris, monotone. Puis elle arriva devant ce qui ressemblait à une clairière. Mais à la place des hautes herbes se trouvaient des animaux semblables à des serpents, qui attrapaient leurs proies pour les retenir pour le reste de leur vie. Arielle prit son courage à deux mains, puis fonça à toute vitesse à travers ces animaux pour éviter que leurs prises ne se resserrent sur elle et l’emprisonne pour toujours dans ces lieux glauques.

De l’autre côté, la petite sirène aperçu enfin la sorcière, confortablement installée sur une chaise tout près de sa demeure, affairée à nourrir d’insectes un petit crapaud qu’elle tenait dans ses mains. «Je sais pourquoi tu es ici», s’exclama la sorcière lorsqu’elle vit la petite sirène s’approcher d’elle. «Tes désirs sont stupides ; néanmoins je m’y prêterai, car je sais qu’ils te porteront malheur, et ça m’amuse. Tu veux te débarrasser de ta queue de poisson, et la remplacer par deux de ses pièces avec lesquelles marchent les hommes afin de retrouver la jolie dame dont tu es tombée amoureuse». À ces mots, elle éclata d’un rire épouvantable, le crapaud tomba sur le sol puis se sauva loin de la sorcière. «Enfin, tu as bien fait de venir, j’ai exactement ce qu’il te faut. Je vais te préparer un élixir qu’il te faudra boire au lever du soleil sur la côte, et ta queue de sirène disparaîtra pour laisser place à deux jolies jambes. Tu conserveras ta démarche légère et gracieuse, puis tout le monde t’admirera pour ta beauté. Mais ce n’est pas une opération sans douleur. Tu souffriras comme si des poignards transperçaient tes jambes lorsque ta queue se transformera, puis tes pieds te brûleront à chaque pas que tu feras, jusqu’à ce que tu retrouves ton amour et qu’elle t’aime en retour. Si tu veux endurer toutes ces souffrances, alors je consens à t’aider.»

  • Je les supporterai, dit la sirène d’une voix tremblante, encore légèrement hésitante devant toute l’implication de sa décision.

  • Mais souviens-toi, continua la sorcière, qu’une fois changée en être humaine, jamais plus tu ne pourras redevenir sirène! Jamais tu ne reverras le château de ton père ; et si tu ne retrouves pas la femme et qu’elle ne tombe pas amoureuse de toi, tu mourras.

  • J’y consens, dit la princesse, pâle comme un fantôme.

  • En ce cas, poursuivit la sorcière, il faut aussi que tu me payes ; et je ne demande qu’une chose. Ta voix est la plus belle parmi celles du fond des océans, et c’est ce que j’exige en guise de paiement. Tu la récupèreras au moment où ton destin sera uni à celui de ta douce par le mariage.

  • Mais, si tu prends ma voix, que me restera-t-il? Poursuivit la sirène, inquiète.

  • Ta charmante figure, ta marche légère et gracieuse, puis tes yeux expressifs, c’est bien assez pour remplir ta mission.

  • Qu’il en soit ainsi alors, dis Arielle, résignée.

Sur ces mots, la sorcière sortie un flacon de ses tiroirs, puis s’approcha de la sirène. Alors que celle-ci ouvrit la bouche pour demander qu’est-ce que c’était, un filament or sorti d’entre ses lèvres, puis alla se nicher dans le flacon. Aucun son ne sorti de sa bouche au moment où Arielle voulu parler. La sorcière s’approcha d’un grand chaudron puis se mise à la tâche de concocter sa potion. Elle y ajouta plusieurs ingrédients tout en récitant des incantations. Elle ajouta dans le chaudron le contenu du flacon qu’elle tenait dans ses mains : la voix d’Arielle. Un dernier ingrédient vint se joindre aux autres, la sorcière sorti un petit poignard puis se fit un entaille sur l’avant-bras. Presque aussitôt, un sang épais et noir comme l’ébène s’écoula de sa plaie, puis atterrit dans le chaudron. Le mélange devint clair comme de l’eau pure, puis la sorcière le versa dans une fiole et le remis à la petite sirène.

Arielle parti en remerciant de la main la sorcière, puis s’en alla directement à la surface, sur la côte du château du prince. Le soleil commençait à se lever, et la petite sirène but l’élixir une fois assise sur le sable fin qui ornait les abords de la côte près du château du prince. La sorcière ne lui avait pas menti. Après avoir bu l’élixir, ce fut comme si une lame tranchante lui traversa le corps. Elle s’évanouit sous le coup de la douleur puis resta là, comme morte. Le soleil brillait déjà sur la mer lorsqu’elle se réveilla, éprouvant toujours une douleur atroce. La première personne qu’elle vit en ouvrant les yeux fut le prince qu’elle avait autrefois sauvé de la noyade. Il s’affairait à l’aider du mieux qu’il put, d’abord en l’aidant à s’asseoir sur la plage. Une fois assise, elle constata avec émerveillement que sa queue de poisson avait disparu, et que deux jambes blanches et gracieuses la remplaçaient. Le prince lui demanda qui elle était et d’où elle venait ; elle le regarda d’un air doux et affligé, sans pouvoir dire un mot. Puis le jeune homme la prit par la main et la conduisit au château. Chaque pas lui causa des douleurs comme si ses pieds étaient en feu, comme la sorcière lui avait annoncé, mais elle n’en avait que faire ; elle était là où elle avait toujours souhaité être. Tous au château admirèrent la princesse. Sa beauté, sa grâce était le sujet sur toutes les lèvres du royaume. Elle fut habillée de soie et de mousseline de la plus élégante des façons, puis un bal fut organisée pour lui souhaiter la bienvenue, mais elle resta toujours muette. Elle aurait tant aimé pouvoir leur parler, leur dire ce qu’elle était venu faire ici et pourquoi elle devait quitter le château, mais hélas elle avait sacrifié sa voix pour obtenir ses jambes, et seul un mariage avec sa mystérieuse jeune femme lui redonnerait ce qu’elle avait de plus précieux.

Une nuit, elle aperçut ses sœurs se tenant par la main ; elles chantaient si tristement en nageant, que la petite sirène ne put s’empêcher de leur faire signe. L’ayant reconnue, elles lui racontèrent combien elle leur avait causé de chagrin. Toutes les nuits elles revinrent, et une fois elles amenèrent aussi la vieille grand-mère, qui depuis nombre d’années n’avait pas mis la tête hors de l’eau, et le roi de la mer avec sa couronne de corail. Tous les deux étendirent leurs mains vers leur fille ; mais ils n’osèrent pas, comme ses sœurs, s’approcher de la côte.

Elle passa le plus clair de son temps avec le prince. Celui-ci l’aimait de plus en plus à chaque jour, puis il lui parlait qu’Arielle ressemblait étrangement à une femme aperçue le matin de son naufrage. Il se rappelait que cette femme l’avait sauvé de la noyade, et qu’il en était tombé éperdument amoureux. Arielle détournait le sujet du mieux qu’elle pouvait chaque fois que le prince s’aventurait sur ce terrain. Elle aurait tant aimé toujours avoir sa voix afin de lui poser plus amples questions sur la demoiselle qui était venue l’aider après son sauvetage.

Puis, un beau matin alors que son espoir de retrouver la belle jeune femme s’était presque complètement éteint, que ne fut pas sa surprise quand elle la reconnut au côté du prince. Sa stupeur devait se refléter dans ses yeux puisque le prince, habitué à comprendre son silence, répondit à sa question muette en s’exclamant : «c’est ma petite sœur, elle s’appelle Aurora. Elle était à notre palais d’été le temps d’apprendre les rudiments de son rôle de princesse. Aurora, je te présente ma tendre et aimable amour, nous la prénommons Océane puisque nous l’avons trouvé sur la berge de l’océan et qu’elle ne peut nous dire son nom. Elle est muette.» Les souvenirs de la petite sirène ne la trompait pas, la princesse Aurora était aussi belle que dans ses souvenirs. Ses longs cheveux bruns étaient attachés en une savante tresse élégante, ses yeux verts émeraude brillaient de gentillesse avec cette petite touche d’espièglerie bien à elle. Ses lèvres pleines et foncées comme une framboise semblait l’inviter à l’embrasser. Arielle rougit, ce qui n’échappa pas au regard du prince. Aurora, quant à elle, avait reconnu la petite sirène dès le moment où elle l’avait aperçu entrer dans la salle.

Le soir-même, un grand bal fut organisé au château du prince. Tous étaient parés de leurs plus beaux habits, et Arielle n’était pas en reste. Elle portait une robe digne de son rang de princesse, d’un bleu aussi pur que l’eau de la mer et qui s’agençait à merveille avec le bleu profond de ses yeux. Le prince portait lui aussi un habit bleu, qui se mariait à merveille avec la robe de la petite sirène. Quant à Aurora, elle était parée d’une sublime robe à crinoline d’un rose doux et bienveillant, qui mettait en valeur les splendides courbes de sa silhouette. Alors que la soirée allait bon train et que tous les convives s’amusaient, le prince demanda un instant aux musiciens de s’arrêter, puis demanda l’attention de la salle. Il fit signe à Arielle de s’avancer près de lui, puis lui tendit la main pour l’aider à grimper sur la scène. Face à la princesse, il mit ensuite un genou à terre puis dit :

  • Océane,  tu es celle qui fait battre mon cœur dès le premier jour où je t’ai aperçu. Tu es la seule de qui je suis amoureux, toi, la merveilleuse jeune femme qui m’a sauvé d’une noyade certaine après le naufrage de mon bateau il y a de cela plusieurs années. Je t’ai reconnu dès l’instant où je t’ai trouvé sur la plage. Tes yeux enchanteurs ont su attendrir et charmer mon cœur. Tu as meilleur cœur que toutes les autres ; tu es celle dont j’ai besoin à mes côtés quand je prendrai la place de mon père pour gouverner ce royaume. Je ferai de toi ma reine, et nous gouvernerons ensemble. Acceptez-vous, ma tendre, de devenir ma femme?

Sur ces mots, il sortit un écrin et l’ouvrit, dévoilant une bague magnifique en or blanc, sertis d’une rangée de diamants étincelants qui encadraient à merveille une délicate petite perle nacrée et aussi pure que le cœur de la petite sirène. Cette dernière mis ses mains à son visage, surprise. Elle resta là, figée, le temps d’avaler la nouvelle. Elle jeta un regard vers Aurora, puis vit dans son regard une profonde tristesse. Elle se retourna vers le prince qui attendait toujours d’elle sa réponse silencieuse, puis elle ne put en supporter d’avantage. Elle s’enfuit loin du prince, loin des convives. Elle sortit en trombe du château, puis courut jusqu’aux jardins, où elle s’asseyait à travers les fleurs aux parfums exquis, confuse et affligée de tristesse. Elle appréciait le prince et tout ce qu’il avait fait pour elle, mais elle n’était pas amoureuse de lui. Son cœur appartenait déjà à la douce Aurora, sa petite sœur. Elle repensa au fil des événements  en sanglotant, les yeux perdus dans le firmament à contempler les étoiles.

Soudain, elle vit une silhouette se déplacer à sa droite. Une silhouette habillée d’une jolie robe rose. Elle reconnut aussitôt Aurora. Cette dernière se glissa à côté de la princesse, puis plongea ses yeux dans ceux d’Arielle, avec une expression bienveillante. Elle déposa sa main sur l’épaule d’Arielle, puis la rapprocha à elle. La petite sirène se laissa faire, puis déposa sa tête sur l’épaule de sa douce.

  • C’est un sacré pagaille que vous nous avez créé là, ma douce. Allez donc, ça va bien aller, je suis là maintenant, murmura doucement Aurora à l’oreille de la princesse tout en lui caressant les cheveux.

Arielle ne pouvait toujours pas parler, alors elle releva la tête pour que ses yeux parlent pour elle. Elle adressa à Aurora un regard empli d’amour et de tendresse. Aurora comprit, puis sa bouche se transforma en un sourire timide, elle laissa s’échapper un petit rire gêné. Ses joues prirent une teinte écarlate, puis elle déposa un léger baiser sur la chevelure de la princesse.

  • Et si tu me disais ton nom? J’ai appris un truc vraiment bien qui te permettrait de communiquer avec moi.

Arielle se releva, excitée. C’était là une excellente idée, elle voulait pouvoir discuter avec la belle Aurora. Cette dernière se mis donc face à Arielle, puis lui montra une par une les lettres qui composaient l’alphabet dans la langue des signes. Arielle observa attentivement, voulant absolument se rappeler de ce que lui enseignait la princesse. Une fois qu’Arielle eut assimilée tous les signes qui formaient l’alphabet, elle put épeler son nom de ses mains à Aurora.

  • Arielle? C’est un très joli nom, ma tendre. Je suis ravie d’enfin faire ta connaissance, Arielle. D’où viens-tu?

Arielle mit un temps à répondre, incertaine si c’était là une bonne chose de dire la vérité. Après une courte réflexion, elle choisit d’épeler O-C-É-A-N à Aurora.

  • C’est ce que je pensais, lui glissa Aurora dans un murmure. Tu sais Arielle, je t’ai aperçu il y a de cela plusieurs années, lorsque tu as sauvé mon frère de la noyade. Je t’ai vu, cachée derrière les rochers. Lorsque nos regards se sont croisés, j’ai cru que tu viendrais vers moi, mais tu as pris peur, puis tu as plongé dans l’océan. J’ai vu ta queue de sirène, je sais ce que tu es. J’ai su à cet instant que les légendes étaient vraies sur les sirènes, et ça m’a émerveillée. Dès lors je n’ai jamais cessé de te chercher. Puis je t’ai retrouvé ici, en revenant au château de mon père. Avec des jambes ayant remplacées ta queue de sirène. Je ne sais pas quel sacrifice tu as dû faire pour acquérir ces jambes, mais je t’en suis reconnaissante. J’avais perdu espoir de te revoir et maintenant, te voilà! Arielle, dès l’instant où je t’ai vu, tu as fait fondre mon cœur. Je souhaitais moi aussi avoir une queue de sirène, puis aller vers les fonds marins te retrouver, et t’aimer jusqu’à en mourir.

Arielle n’en croyait pas ses oreilles, ses rêves les plus fous étaient sur le point de devenir réalité. Sans plus attendre, elle se glissa tout près de la princesse, leur corps n’était plus qu’à quelques centimètres de distance. Puis Arielle approcha ses lèvres de celles d’Aurora. Au contact de sa bouche, elle sentit un frisson parcourir tous les membres de son corps. Ses lèvres étaient douces comme de la soie, chaude comme la braise, puis elle dégageait un délicat arôme de lavande qui venait chatouiller les narines sensibles de la petite sirène. Leur baiser devenait de plus en plus passionné au fil des minutes. Le temps semblait s’être arrêté. Arielle prit Aurora par la nuque avec douceur, puis l’attira encore plus à elle. Leur étreinte était affamée, fébrile. Les deux femmes se désiraient depuis le premier jour où elles s’étaient rencontrées.

C’est Aurora qui interrompit le baiser en premier. Sans se décoller de sa princesse, elle lui glissa dans un souffle, encore haletante :

  • Épouse-moi, Arielle. Je t’aime et je t’ai toujours aimé. Nous sommes faites pour être ensemble et tu le sais. Prends moi pour femme, et aimons-nous jusqu’à la fin des temps.

Arielle ne put se contenir d’avantage. Elle hocha la tête frénétiquement dans un signe d’approbation, tout sourire.

  • Suis-moi, je connais quelqu’un qui pourra nous aider, glissa Aurora, tout en se relevant, et en tendant la main à la petite sirène pour l’aider à se lever.

Les deux princesses coururent jusqu’à la demeure du prêtre, puis cognèrent jusqu’à que ce dernier vienne leur ouvrir la porte.

  • Mais, qui fais tout ce boucan? S’interrogea le prêtre.

  • Je suis profondément désolée de vous sortir de votre paisible sommeil, monseigneur, mais il s’agit d’une requête urgente, s’exclama Aurora. Vous devez nous marier sans plus attendre, ma douce Arielle et moi.

Le prêtre regarda les deux femmes comme s’il avait devant lui deux extra-terrestres.

  • Mais, vous savez, ça aurait très bien pu attendre au lever du jour, jeunes demoiselles…

  • Non, ça ne peut attendre, votre imminence. Mon frère avait prévu de se marier avec Arielle à l’aube, mais elle ne l’aime pas, et nous voulons nous aimer jusqu’à la fin des temps.

  • Ma chère Aurora, ne savez-vous pas qu’un tel affront à votre frère vous vaudra d’être toutes deux conduites à la potence? Dit d’une voix terrifié le pauvre prêtre.

  • Qu’il en soit ainsi, s’exclama la princesse. Nous le devons, parce que nous nous aimons.

Arielle, attentive à la conversation, tenait la main de sa princesse tellement fort qu’elle aurait pu lui éclater les os des jointures. Elle était émerveillée par le courage et la force dont faisait preuve sa belle princesse, et elle savait ne pas détenir le même courage. Elle était terrifiée. Avait-elle enduré tous ces sacrifices pour retrouver sa princesse dans l’unique but de mourir à la fin, elle ne pouvait y croire.

  • Si c’est ce que vous désirez le plus, j’acquiesce à votre demande. Suivez-moi Princesses.

Le prêtre les guida jusqu’à la chapelle du château, puis les deux femmes prirent place devant l’autel. Arielle prit les mains d’Aurora, la regardant avec tout l’amour dont ses yeux étaient capables d’exprimer. Au moment de terminer la cérémonie, le prêtre dit :

  • Aurora, voulez-vous prendre pour épouse la princesse Arielle ici présente, l’aimer et la chérir jusqu’à la fin des temps?

  • Oui, je le veux, s’exprima Aurora, une larme de joie à l’œil.

  • Et vous Arielle, voulez-vous prendre pour épouse la princesse Aurora, l’aimer et la chérir jusqu’à la fin des temps?

Arielle hocha la tête, puis fit un sourire empreint de toute la tendresse du monde à sa douce princesse Aurora.

  • Vous pouvez embrasser la mariée, Aurora, termina le prêtre. Vous êtes maintenant unies par les liens du mariage.

Aurora s’avança près de la princesse Arielle, puis la prise par les hanches pour la rapprocher à elle. Elle déposa un doux baiser sur les lèvres de son épouse. Puis Arielle mis ses deux bras autours de sa nuque alors qu’elles continuèrent de s’embrasser pendant plusieurs minutes. Elles se sentaient transportées, comme si elles avaient quitté la chapelle pour s’évader au royaume des cieux. C’était un instant magique.

Puis soudain, la chapelle se remplit d’un épais brouillard blanc, pur comme la neige. Un filament doré se détachait de la brume, puis vint virevolter autours des deux épouses. Une intense lumière jaillit du corps d’Arielle, puis la brume la propulsa dans les airs. Aurora assista à ce spectacle ébahie. Son épouse semblait sur le point de disparaître dans cet épais brouillard qui brillant de milles cristaux. Soudain, le filament doré fut aspiré à l’intérieur du corps de la princesse, puis le brouillard disparu, déposant doucement Arielle au sol. Aurora la regardait avec appréhension et incompréhension. Que venait-il de se produire?

  • Mon amour?, questionna Aurora d’une voix incertaine.

  • Ça va! Ne t’en fais pas. J’ai enfin récupérer ma voix dont j’avais fait le sacrifice pour te retrouver, ma douce et tendre épouse. Maintenant je peux enfin te dire tout ce que j’ai envie de te dire. Je t’aime tellement, tu sais. J’ai attendu ce moment tellement longtemps, s’exclama la petite sirène, extatique.

  • Oh, ma tendre. Tu as la voix la plus merveilleuse, la plus douce et la plus mélodieuse que j’ai entendue de toute ma vie, tu as fait tant de sacrifices pour moi dont je n’étais même pas au courant. Je t’aime de tout mon cœur, à en mourir.

  • C’est notre dernière nuit ensemble, avant que ton frère, le prince, ne nous trouve et nous condamne à la potence pour trahison. Viens avec moi près de l’Océan, et profitons ensemble de l’infini devant ce paysage magnifique qu’est mon ancien chez-moi.

  • Avec plaisir, ma douce.

Les deux princesses partirent aussitôt vers l’océan, non sans avoir gracieusement remercié le prêtre de les avoir mariées l’une à l’autre. Sur la berge, elles s’asseyaient sur le sable fin, puis se firent des câlins tout en discutant toute la nuit. Alors que l’aube se levait doucement sur la noirceur de la nuit. Arielle vit ses sœurs approcher de la berge, et venir près d’elle. Elle sentit la peur de son épouse, puis l’apaisa. Elle ne risquait rien à ses côtés.

Ses sœurs avaient entendus l’histoire de son mariage avec la princesse du royaume, puis elles savaient qu’Arielle était condamnée si les gardes du palais du prince les retrouvaient ensemble. Elles ne voulaient pas que leur sœur cadette ne meure après avoir enfin trouvée l’amour de sa vie, elles avaient donc conclu un marché avec la sorcière. Cette dernière voulant la jeunesse éternelle, il lui fallait pour cela la longue et jolie chevelure d’une sirène puis quelques gouttes de sang, que ses sœurs avaient sacrifié pour obtenir son aide. La sorcière leur avait ensuite donné une fiole contenant un liquide rouge et épais et avait dit que tout ce que les deux princesses avaient à faire était de déposer quelques gouttes de cette mixture sur leurs jambes pour que ceux-ci se changent en queue de poisson.

Aurora, inquiète, regarda Arielle dans les yeux, cherchant dans son regard le courage dont elle avait besoin pour affronter cette situation. Arielle, comme seule réponse, prit les mains de sa douce puis lui planta un baiser sur les lèvres. Elle se retourna ensuite vers ses sœurs, puis pris la fiole et en versa sur les jambes de son épouse et les siennes.

Presque aussitôt, leurs jambes se jointes et se couvrirent d’écailles de poisson. Les deux femmes avaient maintenant des queues de sirène à la place des jambes. Arielle était tellement heureuse, elle n’arrivait pas à croire qu’elle avait récupérer sa queue, croyant ne plus jamais avoir le bonheur de batifoler dans les courants marins, de nager librement dans l’eau limpide et réconfortante de son chez-soi. Arielle pris Aurora par la main, puis elles plongèrent vers les profondeurs de l’océan, ensemble.

Le soir-même, une grande fête fut organisée au château de son père le roi pour célébrer le retour de la petite sirène, et aussi pour célébrer le mariage de sa fille avec la jolie princesse Aurora. Le père lui était reconnaissant de lui avoir ramené sa petite fille adoré. Ses sœurs étaient ravies de son retour, et tous les habitants du royaume des océans célébraient le nouveau couple.

Puis, elles vécurent heureuses jusqu’à la fin des temps.